Inde et luxe.

India
Quel rapport entre un lépreux accroché à la fenêtre de votre taxi, un mall rutilant et des canaux de distributions incompréhensibles? Bienvenu en Inde; le pays des contrastes.

Difficile pour des marques de luxe de se faire une vraie distribution classique car à part Emporio à Delhi, ici on ne trouve pas de mall comme à Dubai ou en Chine, pas de rues dédiées au luxe comme dans d’autres brics (Hermès et Louboutin paraissent bien seuls sur Horniman circle à Mumbai.) Les galeries d’hôtels on connait, les showroom privés, souvent en étage  il faut connaitre; les présentations privées à domicile, il faut être introduit..les trunk and road show il faut du personnel et de la logistique (locaux).

Difficile d’unlocker le potentiel des 100 millions de riches, qui d’ailleurs font leur shopping à Dubai; Singapour  ou à Londres avec leur black card Harrods avec comme sport favori d’éviter les 30% de taxes à l’import.

Habitués à avoir entre 10 et 30 personnes en moyenne par maison à leur disposition, les Indiens s’attendent à être servis plus que conseillés; même si ici le service dans les hôtels 5 étoiles reste une notion toute relative.Du coup on est étonné  de voir la créativité de certains qui vous servent des décoctions à l’image des monoproduits vendus dans un élégant Watch Bar de Breach Candy.  Incredible India!

Amusant aussi car j’ai rarement vu autant d’objets de la marque pour laquelle j’officie en si peu de temps…même si souvent mes hôtes ne savaient pas ce qu’ils possédaient.

Donc il faut chercher…malgré tout et un peu à l’image du personnel naviguant des compagnies aériennes, qui se refilent les bonnes adresses d’escales en étapes,  on trouve encore une multitude de petits ateliers, de noms (presque) inconnus comme par exemple Heeramaneck and son, ou qui une fois trouvés sont en train de disparaître lentement, doucement comme Jagat Narain à Delhi (photo).

Loin des circuits balisés, des habitudes massmarket de la distribution sélective du luxe, on découvre de vrais artisans, boutiques et ateliers produisant ou sourçant des objets rares, exquis, sans marque ni label, juste bien dessinés et manufacturés, sans coût marketing grévant le prix. Et si c’était cela le luxe?

A l’image de Land Rover et Jaguar passés sous pavillon Indien (quelle revanche!) on en reparle dans quelques années quand ces ateliers seront devenus marques de luxe locales, puis internationales, car déjà certains préparent ici cette prochaine étape au travers de fonds dédiés.

India is not a country like the other then luxury distribution is still at its beginnning. Hotels arcades, malls, old small boutiques, hidden show room cohexist in a strange ballet. Some European funds are already there to invest and unlock the potential of the fantastic know how of local creators.

 

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